Après les 10000 km à travers l'outback australien, nous sommes heureux à
Adelaïde de retrouver Marjorie qui nous accueille comme des membres de sa famille. Simon y fête ses 28 ans avec un cheese cake bien dégueux. Objectif du moment : vendre Pamela à tout prix!
Nous réparons deux-trois petites bricoles, changeons l'huile, repeignons la carrosserie pour embellir l'engin. Malheureusement pendant cette période de l'année, les backpackers fuient
généralement le froid pour privilégier des régions plus au Nord, du coup les seules personnes intéréssées par Pamela sont des cas sociaux australiens plus bizarres les uns que les autres.
Augustin ayant son vol retour depuis Auckland en Nouvelle-Zélande, il prend la décision d'y retourner plus tôt afin de profiter encore du pays. Il est accueilli chez les Breuer, des amis
d'Auckland avant de retourner dans le Nord de l'île à Honeymoon valley où 10 mois plus tôt il y effectuait avec Simon ses travaux de bûcheron. Il est hébergé chez Gerry et Loie et en profite pour
revoir tous les amis du voisinage (et continuer à les aider dans leur construction de maisons en torchi) : Peter et Marlene, Chris et Brit, Nathan... Finalement, il ne fait pas si froid ici pour
un hiver, on peut facilement rester dehors en T-shirt.
Pendant ce temps en Australie, Anne-Charlotte et Simon décident de parcourir 2000 km supplémentaires jusqu'à Sydney où la vente de van risque d'être plus facile. En effet, 48 heures suffisent pour trouver (re)preneurs parmi des voyageurs plus ou moins sérieux. 4000$, Pamela est vendue au même prix qu'à l'achat (quelques visites chez le garagiste en plus). Merci Pamela pour tous ces kilomètres à rebondissement, ces nuits torrides dans ton antre, ton ronronnement tranquille... Tu vas nous manquer. Un grand poids cependant nous est enlevé, nous pouvons profiter de Sydney, nous revoyons les amis de Claire, allons au ciné, tentons de braver l'eau froide de Bondi beach...
La fin approche, après 10 mois de cavalcade il est temps de rentrer. Augustin passe par l'Ouest et Singapour tandis que Simon et Anne-Charlotte font le tour dans l'autre sens avec un arrêt en Argentine, puis un autre à Madrid.
Le retour est prévisible, nous revoyons avec joie famille et amis et regoûtons aux plaisirs locaux (tartes flambées, bière de primptemps...) mais ce bonheur n'arrive pas toujours à consoler le vide qui s'installe en nous. Nous nous enfonçons peu à peu dans une routine devenue étrangère après 10 mois de pure liberté. Les feux de camps perdus au milieu du désert nous manquent.
Il n'y a qu'une chose à faire...
Préparer un nouveau départ ! :)
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Nous tenons à remercier votre fidélité pendant ce périple...
...et vous donnons rendez-vous pour de nouvelles aventures :)
Arrivés dans la ville tropicale de Darwin, pas le temps de trainer. Caleb a
juste le temps de faire des pirouettes dans le hall du tribunal de la ville avant que nous le déposions au port afin qu'il cherche un job. En guise d'adieu, nous lui faisons cadeau de la belle
tente 2" décathlon qu'il avait de toute façon déjà reparfurmé saveurs "champigons des pieds et sueurs nocturnes".
Nous faisons un stop aux "devils marbles", les billes du diable, grosses
roches volcaniques à côté desquelles nous posons comme de vrais touristes. A Alice Springs, cet ancien poste télégraphique devenu l'unique grande ville du centre, nous faisons un petit tour dans
les galeries d'art afin de contempler les oeuvres aborigènes, très minitieuses et toujours proches de la nature. Tandis que nous faisons le plein, nous découvrons que la seule essence disponible,
l'opal, a été créée spécialement pour réduire les mauvaises habitudes de sniffage des aborigènes. En effet, certains d'entre eux auraient tendance à utiliser l'essence comme une drogue ;
heureusement qu'ils ne sont pas en Europe, ça leur coûterait bonbon.
Broome. Après 600 km d'anxiété, nous atteignons finalement cette petite
ville de bord de mer. Juste à temps pour profiter du spectacle naturel le plus important de la cité : Staircase to the moon, l'escalier vers la lune. Cette illustion d'optique dûe aux reflets de
la lune sur l'océan donne l'impression de voir surgir un escalier rouge et doré à l'horizon. Après une paisible nuit de sommeil, quelqu'un frappe à la porte du van. Les "rangers", sorte d'agents
municipaux à chapeau, nous rapellent qu'en Australie, il est interdit de dormir sur la voie publique. :( Le lendemain, direction Cable Beach, une grande plage aux abords de la ville (considérée
comme l'une des plus belles d'Australie). Nous sortons le body board pour "surfouiller" sur les vagues et slalomer entre les "stingers", grosses méduses aux tentacules extrêmement venimeuses.
Dans le Kimberley, nous passons d'une végétation rouge et désertique à
une savane verte et touffue. Cette différence est dûe à l'alternance perpetuelle de la saison sêche à la saison des pluies (mousson) propre à la région du Nord. Le problème ici, c'est que les
plus belles choses à découvrir ne sont qu'accessibles en 4x4, nous ne voulons pas mettre Pamela à trop rude épreuve connaissant son passé difficile (et douloureux). Après plusieurs jours de
route, nous atteingons Katherine, une ville de majorité aborigène dont nous profitons des sources d'eau chaude naturelle pour se laver (enfin). Puis vite nous filons vers le plus grand parc
naturel d'Australie, Kakadu.
Qu'à cela ne tienne, nous décidons de mettre les voiles vers le parc
naturel du Litchfield connu pour être plus rafraichissant. Et pour être rafraichissant, il l'est. Avec toutes ses cascades, rivières et trous d'eaux, impossible de ne pas piquer une tête par
cette chaleur. Caleb, notre kangourou perso, nous suit toujours, sautillant avec bonheur. Il devient même l'attraction locale en sautant du haut d'une énorme cascade puis en se baignant tout nu
dans une rivière jonchée de signaux "Danger, crocodiles. Ne pas nager." Nous croisons des walabis (mini kangourous), des crapauds ainsi que des iguanes.
Le nouveau vieux van ne semblant pas rejeter la greffe de moteur
(d'occasion), nous voilà fin prêts à partir ! Au programme, un grand défit : aller de Perth à Adelaïde en passant par Darwin tout au Nord de l'Australie, ce qui fait au bas mot avec les détours
9000 km à parcourir en 4 semaines. Premier arrêt, les pinnacles. Sur des étendues de sable jaune une forêt de pierres allongées s'étend là depuis des millions d'années. Certains pensent qu'il
s'agirait d'une forêt fossilisée mais personne n'est vraiment sûr... A Monkey Mia, 800km au Nord de Perth, nous "pateaugeons" avec une famille de dauphins sauvages au grand bonheur
d'Anne-Charlotte.
Qu'importe le prix de l'essence, il faut faire le plein à chaque station car
elles se font rares (parfois jusqu'à 300km de distance). Heureusement nous avons toujours nos 20 litres dans un jerrycan coincé derrière le conducteur. Nous passons nos nuits dans des endroits
reculés et calmes : au bord des plages, derrière un arbre, sur une aire de repos. On se sent à l'aise loin de la civilisation. Dans le "village" de Carnarvon nous changeons l'huile du moteur.
"The rear uni-joint is loose" nous baragouine le mécanicien. Va falloir changer des pièces sitôt arrivés dans une ville digne de ce nom.
Plus à l'Est dans l'intérieur des terres, nous explorons le parc national
de Karijini. Immenses gorges rouges et strillées, piscines naturelles, cascades. Difficile de décrire cette beauté mais nous nous y sentons bien. Nous remontons ensuite vers la côte et
atterissons dans la ville industrielle de Port Hedland où tout tourne autour de l'extraction du fer. Après la merveille de nature, nous voilà confrontés aux deux visages de l'Australie (premier
pollueur mondial). Port Hedland est l'eldorado des travailleurs du monde entier tant la paie est bonne (on nous propose même de travailler, à 2500 € la semaine pour un soudeur ça fait réflechir).
Pas le temps de s'arrêter, nous nous précipitons chez Werner, l'allemand mécano du coin grincheux et au short "raz-la-touffe", pour qu'il nous change enfin ces uni-joints. Une après-midi plus
tard, le van est enfin prêt. Tout contents, nous faisons les courses puis prennons la route pour Broome à 630 km de là. Malheureusement, l'excitation est bien courte car après 20 km de route, une
odeur inquiétante suivie d'une fumée noire envahissent l'habitacle. Simon a le reflexe d'arrêter le moteur sur le champ. Bord de la route, sensation de déjà-vu. Un minimum de réseau nous permet
d'appeler le dépanneur. 30 minutes plus tard et nous revoilà devant le garage fermé de Werner à passer la nuit dans cette ruelle glauque.
Une fois
les sanglots longs des violons de l'automne terminés, Anne-Charlotte et Simon prennent au petit matin l'avion pour Perth, capitale de l'Ouest Australien, ville la plus ensoleillée d'Australie,
mais aussi la plus isolée du monde. Là, nous sommes accueilli dans la belle maison de Rupert, l'ancien voisin irlandais qu'avait Anne-Charlotte lorsque sa famille habitait le pays de la Guiness.
Rupert vit avec sa compagne Amy dans la ville portuaire très branchée de Fremantle (prononcez "frimanttle"). Nouvel objectif : trouver l'équivalent de Laurette australien, c'est à dire un bon van
capable de parcourir les milliers de kilomètres envisagés. Ceci s'avère être une entreprise plus que compliquée étant donnés la piètre qualité et le prix relativement élevé des tas de ferrailles
disponibles sur le marché parfois vieux de plus de trente ans. Après presque une semaine de recherche, nous achetons finalement un van à trois français ayant terminé leur road trip à Perth.
Pendant
ce temps sur la côte Est, Augustin et Fannie (l'autostoppeuse québécoise) quittent Sydney pour se diriger vers le parc national des Blue Mountains. Ils découvrent là de spectaculaires paysages
faits de grands plateaux rocheux et de forêts à perte de vue. Ils apprennent également que la légère brume bleutée qui donne son nom aux montagnes provient de l'évaporation des eucalyptus. Pour y
rester plus longtemps, ils trouvent une éventuelle place de wwoof dans un backpacker. Malheureusement, le stéréotype des backpackers bruyants, puants, buvants, inamicaux et glauques se révèle
être réalité. Deux minutes leur suffisent pour remettre leur sac sur le dos et fuir l'endroit au plus vite. Le wwoof est censé être un échange donnant-donnant basé sur la confiance et portant sur
un mode de vie proche de la nature, et pas un moyen de trouver des travailleurs pas chers. Quelques jours plus tard, Fannie découvre qu'un soucis financier l'empêche de continuer le voyage et
l'oblige à rentrer au canada.
Augustin est désormais seul face au monde hostile.
Angoisses diurnes et terreurs nocturnes le pousse à appeler Simon : "-L'union fait la force, t'as qu'à nous rejoindre !" "-J'arrive". Mais avant ça autant passer par Adelaïde rendre une petite
visite à son ancienne voisine Marjorie qui, ayant rencontré le bel australien James dix ans plus tôt, a décidé de faire sa vie dans le South Australia. Augustin redécouvre et partage les joies de
la vie en famille avec Valentin 13 ans, Evan 4 ans et Dylan, 1 an et demi. Entre biberons et nintendo DS, Marjorie embarque Augustin dans un tour détaillé de la région: virée au zoo, magasins de
jouets... Ca rapelle de bons souvenirs d'enfance.